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30 juin 2010

Sortie de crise / Dialogue interne Gbagbo-Bédié-Ouattara La peur de Compaoré et du sort de Soro bloquent tout

Actualites QuotidienL'Intelligent d'Abidjan

Le Président Laurent Gbagbo a entrepris, les 10 et 17 juin derniers, une série de rencontre avec les leaders de l’opposition, Henri Konan Bédié, président du PDCI et Alassane Ouattara, président du RDR. Si cette initiative a été saluée de part et d’autre, il n’en demeure pas moins que les discussions pour aplanir les divergences de vue dans la conduite du processus de sortie de crise tâtonnent.

Timidement amorcé le dialogue interne marque des pas. La rencontre Gbagbo-Bédié-Ouattara, avec l’appui de Soro n’a pas encore eu lieu en Côte d’Ivoire. Les rencontres à deux ont bien eu lieu. Elles n’ont pas été encore élargies. Elles avaient visé à régler une question urgente, à savoir les Assemblées annuelles de la Bad d’une part, et d’autre part une préoccupation précise, à savoir la liste électorale et le contentieux électoral. Elles ont également eu lieu à la demande de Laurent Gbagbo, sur un ordre du jour précis qui a permis de faire ensuite un large tour d’horizon de l’actualité. Le dialogue interne ne reposait pas sur une vision globale et à long terme. En plus, il doit faire face aux interrogations relatives au sort de l’Accord de Ouaga, ainsi qu’à celui de l’avenir du Premier ministre et des Forces nouvelles. La question de cet avenir et du sort de Guillaume Soro s’est fortement posée surtout quand Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara ont eu récemment leur tête-à tête, sans le Premier ministre.

Les insuffisances du dialogue interne

Favorables au principe du dialogue interne entre Bédié, Ouattara et Gbagbo, des partisans du chef de l’Etat craignent cependant que cela ne retarde le processus de sortie de crise. Ils estiment que le pays est à la phase presque terminale de ce processus. Il ne reste, selon eux, que la validation de la liste électorale définitive, ainsi que le désarmement pour aller aux élections. Entreprendre des discussions avec Bédié et Ouattara c’est, selon eux, prendre le risque de revenir très loin en arrière. D’abord, parce que le PDCI et le RDR, contrairement aux apparences, n’ont pas les mêmes préoccupations. S’il veut donc réellement les élections et refuse encore de gagner du temps en jouant sur les divisons Bédié-Ouattara, Laurent Gbagbo n’a aucun intérêt à forcer dans le dialogue interne, à moins que les demandeurs soient Bédié et Ouattara. Ceux-ci n’ayant montré aucun empressement sur la question, et manifestant toujours leur préférence pour le Premier ministre Guillaume Soro au détriment du chef de l’Etat, comme lors de la crise de la dissolution et surtout comme lors de la dernière déclaration du RHDP sur l’affaire Tagro, Laurent Gbagbo et les siens ne veulent pas trop forcer. Sinon, le RHDP y verra encore une manœuvre supplémentaire visant à retarder la sortie de crise. En plus des questions d’humeur et de la suspicion entre les principaux protagonistes, la réaction que pourrait avoir le Président Blaise Compaoré et le Premier ministre Guillaume Soro fait peur. Selon nos sources, il ne faut pas donner le sentiment et l’impression à Blaise Compaoré qu’on veut le sortir de la résolution de la crise. Tout simplement parce que le vrai parrain de Guillaume Soro, c’est Blaise Compaoré. Si celui-ci est mis à l’écart, il peut conseiller à son poulain de se retirer à Bouaké ou à Ouaga, et de dénoncer le processus de paix. Selon cette façon de voir, la rébellion ne pèse rien, mais si elle existe et tient toujours une partie du territoire, c’est tout simplement parce que le Burkina Faso et Blaise Compaoré seraient derrière. Que trois ans après Ouaga et le retour de la confiance entre Laurent Gbagbo et Blaise Compaoré le désarmement ne soit pas encore effectif, ne devrait pas du tout constituer une raison de méfiance à l’égard de Blaise Compaoré, expliquent nos sources qui ne veulent pas du dialogue interne. Aller loin dans le dialogue interne, sans être sûr de l’engagement sincère de Bédié et de Ouattara qui ne sont pas demandeurs, et ne tentent rien, c’est donc prendre le risque de tuer l’accord de Ouaga, sans avoir trouvé une autre solution, une vraie alternative crédible.

Les avantages du dialogue interne

Malgré cette présentation pessimiste des faits, le dialogue interne trouve des partisans. Supposant une mauvaise volonté des Forces nouvelles dans le désarmement et refusant que le maintien des armes puisse encore constituer un mode de légitimation politique d’une part, et d’autre part sur la base d’une impatiente attente de retour rapide à une vie constitutionnelle normale, les partisans du dialogue interne estiment que si Gbagbo, Bédié et Ouattara parviennent à s’entendre sur un minimum, la colère de Blaise Compaoré, encore moins celle de Guillaume Soro ne saurait perturber quoi que ce soit. Pour réussir justement le dialogue interne et contourner l’ire éventuelle du locataire du Palais de Kossyam, certains proposent de remettre dans le jeu la France qui, en qualité de parrain, dispose de plus de moyens de pression diplomatique et psychologique sur les différents acteurs. Selon cette façon de voir, le Burkina et même Compaoré eux-mêmes disposent du parapluie français. Pourquoi donc être sous le couvert d’un sous-couvert ? Pourquoi ne pas traiter directement à nouveau avec la France? La France remplacerait alors Blaise Compaoré dans le rôle de facilitateur et mettra la Côte d’Ivoire à l’abri d’un coup malheureux, ou d’une colère vengeresse éventuelle du Président du Faso. Bien entendu au-delà de la France, l’ensemble de la communauté internationale reviendra prendre sa place et jouer sa part.

Date-butoir

Cela dit, les partisans du dialogue interne minimisent la capacité de nuisance de Blaise Compaoré. Mieux, ils doutent même de sa volonté réelle de nuire alors qu’il a lui-même manifesté de l’impatience devant les palabres et désaccords des protagonistes ivoiriens. Il n’a pas de solution miracle, ni de potion magique, avait-il prévenu lors de l’affaire Mambé. Récemment à Nice, le chef de l’Etat burkinabé a dit qu’en 2010, il pourrait être moins présent dans la facilitation si l’élection n’a pas lieu. Cette année 2010 et surtout la date butoir d’Octobre sont des moments cruciaux. Ces temps-ci il a été fait état de l’impatience des Etats-Unis, à côté du « je m’enfoutisme » supposé de Nicolas Sarkozy sur la question ivoirienne. Il est clair qu’à l’approche ou au-delà d’octobre 2010, les données pourraient changer si encore à cette période l’élection présidentielle reste incertaine et impossible, comme depuis 2005. Près de quatre ans après Ouaga, il sera bien difficile de trouver encore une échappatoire quand ce moment et cette échéance arriveront

Charles Kouassi

Encadré

Gbagbo, Bédié et Ouattara se rencontrent aujourd’hui

Au moment où nous bouclions hier, avec cette analyse annoncée depuis avant hier lundi dans nos colonnes, nous avons appris que les présidents du PDCI et du RDR auront une rencontre avec le chef de l’Etat ce mercredi. Contrairement aux autres fois où le chef de l’Etat s’était rendu au domicile des présidents Bédié et Ouattara, la rencontre devrait avoir lieu au Palais présidentiel au Plateau. Est-ce à dire que les obstacles liés au dialogue interne ivoiro-ivoirien pourraient être levés, d’autant plus qu’une bonne entente entre Gbagbo, Bédié et Ouattara pourrait se faire forcement au détriment des Forces Nouvelles et de Guillaume Soro ? Après la rencontre d’aujourd’hui, le chef de l’Etat se rendra, sauf changement, au Cap-Vert, pour une réunion sous-régionale

CK

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